Quand la douleur et le drame nous assomment

26 mars 2012

Les événements terribles qui ont terrassé notre entendement ces derniers jours à Montauban et à Toulouse, ont suscité dans les médias, les interventions pertinentes et expertes des traumatologues et psychiatres sur la conduite à tenir vis-à-vis des personnes les plus fragiles au premier rang desquels les enfants.

Nous sommes hélas confrontés, depuis des années maintenant à des événements tragiques et des attentats, même si l’ignoble a atteint l’indicible à Toulouse.

Ma génération n’a pas connu la guerre, les guerres, sauf à la télé, mais nous aurons connu la peur, l’insécurité, la violence aveugle qui peut frapper partout.

Parmi nos patients, il nous arrive à intervalles réguliers que les silences ne cachent pas seulement la honte, le déshonneur, le viol, l’inceste ou le grand secret de famille. Les victimes d’attentat n’existent pas que dans les médias.

Notre pharmacopée est bien dérisoire pour ceux qui sont frappés au plus près. La parole ne l’est guère plus. Mais pour tous les autres, et plus particulièrement les enfants, la faculté de pouvoir ne pas être écrasé par une information inassimilable peut être stimulée, améliorée grâce à nos grands médicaments psychiques.

Qu’il s’agisse d’Arnica dont on sous-utilise les bienfaits dans les grands traumatismes, d’Aconit que l’angoisse foudroie, de Veratrum aux somatisations abdominales et aux malaises de sueurs froides, de Gelsemium figé dans l’angoisse et l’état de choc, n’hésitons pas à prescrire et conseiller, partout autour de nous.

Nous n’oublierons pas Staphysagria, Opium, Camphora et tous les autres que la similitude indique.

Empêcher un enfant d’être foudroyé par ce qui le dépasse et qu’il ne peut « métaboliser » au sens psychique du terme, ce n’est pas juste de la bobologie pour ceux que les événements auront épargné. C’est aussi lui permettre de ne pas mélanger angoisse qui aveugle et prudence qui éclaire. Ne pas succomber à l’angoisse qui submerge c’est savoir rester debout, c’est pouvoir lorsqu’on est un enfant, grandir physiquement comme moralement pour fabriquer un monde qui n’aurait pas grand mal à être meilleur.

Daniel Scimeca