Révoltes

21 juin 2010

Porte ouverte aux blogueurs

Révoltes !
« Je me révolte, donc nous sommes »

Albert Camus

Tous les grands moments de l’histoire de l’homme sont de révoltes, non de consensus.

C’est sans doute dommage, mais c’est ainsi.
Les révolutions commencent par des révoltes, les guerres parfois.

Rappelez-vous le 14 juillet 1789 : « c’est donc une révolte » (Louis XVI). « Sire, c’est une révolution » (Duc de Liancourt).

En littérature, en art plastique, en musique, la révolte est toujours présente fécondant des courants qui s’opposent et renouvellent l’époque précédente. Les contempteurs de la pensée unique, les académiques sont impitoyablement éliminés au fil de la critique historique.

Il en est en médecine comme ailleurs.

Harvey (1615) découvrit la circulation sanguine. Il ne dut son salut qu’à sa double nationalité franco-écossaise et fila se réfugier au pays du whisky. Mais ses œuvres hérésiaques furent brûlées en Sorbonne.

Le génial Pasteur qui osa vacciner sans être médecin, fut traîné à maintes reprises en justice par la corporation des médicastes.

Nous sommes médecins homéopathes.

Il est réchauffant de rappeler qu’en son temps l’homéopathie fut une gigantesque révolte assurée par un homme solitaire et fragile, sans doute Phospho-fluorique, le Dr Samuel Hahnemann (1755-1848).

Son combat fut dantesque mais l’homéopathie a trouvé sa place dans notre médecine même si d’aucuns la contestent encore, incapables de comprendre l’importance de l’Infinitésimale. Quelques notions de physique quantique éclaireraient leur esprit.

Mais cet esprit de révolte reste toujours inscrit dans les chromosomes du médecin homéopathe.

Combat contre la dictature des statistiques, des nouveaux Jupiter tonnants, même si nous restons prêt à la discussion homéopathique, contestation du kaléidoscope immunitaire des vaccins multiples actuellement préconisés, discussion sur une iatrogénèse envahissante, tout cela féconde notre personnalité.

Notre éthique se fonde sur un respect sourcilleux des spécificités de chacun de nos patients.

Sans jamais oublier que nous devons mettre au service du malade les moyens les plus appropriés à sa guérison.

« Cito, tuto, Jucunde », promptement, sûrement et dans la joie comme l’écrivait le bon vieux Celse.

Mais la palotique offre également quelques belles occasions de révoltes.

Si en tant que médecin, il ne sied pas d’étaler des opinions qui restent personnelles, il n’empêche que certains faits paraissent parfaitement révoltants.

Je pense en particulier au sort qui est fait à tous ces sans-papier et malheureux immigrés dont le moins qu’on puisse en dire est que la France qui était terre d’accueil se transforme de plus en plus en terre d’exclusion.

Certes nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde comme le clamait une grande âme de Gauche.

Mais tout de même, si la Gauche n’a pas le privilège du cœur, la Droite gagnerait à manifester parfois un peu plus de cœur.

Tout cela peut paraître loin de l’homéopathie mais sans faire parler les morts, je pense qu’Hahnemann n’aurait pas ostracisé, lui qui immigrât au cœur du grand Paris, accueilli par le Ministre Guizot.

Max Tétau